Je participe à l’exposition du Dernier cri Asiatroma Heta-Uma à la librairie La mauvaise réputation à Bordeaux.

C’est du 10 septembre 2015 au 18 octobre 2015.

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Dans les années 60, les artistes japonais alternatifs brisent les carcans de la bienséance pour libérer leur créativité. Le Heta-Uma signifie littéralement l’art du mal fait – bien fait. Il est aussi défini comme un style de mauvais dessin, sale mais beau, brut mais parfait, bref, les avis des spécialistes divergent quand il s’agit de donner une traduction française au style Heta-Uma…
Ce que l’on peut dire c’est qu’il se caractérise par une technique volontairement maladroite et qu’il se confronte, par jeu, avec l’iconographie populaire, créant une forme de pop art brut. Ce courant est né au Japon en rébellion contre la perfection et l’esthétique glacée de la culture japonaise traditionnelle sous l’impulsion de King Jerry Yumura, véritable pionnier du Heta-Uma.

C’est à l’initiative de l’artiste et responsable du Dernier Cri, Pakito Bolino, et de la libraire japonaise Ayumi Nakaya-ma que l’exposition Asiatroma Heta-uma peut avoir lieu (comme les précédentes Mangaro et Heta-uma qui eurent lieu cette année à La Belle de Mai à Marseille et au MIAM, le Musée International des Arts Modestes de Sète), cette troisième exposition regroupe des artistes qui revendiquent l’héritage de la revue culte Garo, un support d’édition alternative de BD japonaise né en 1964 et qui bouscule les codes établis en alternant art abstrait, drames sociaux et autobiographiques. Garo choque une partie de la société japonaise et séduit un public d’étudiants tout en ouvrant la porte des mangas aux adultes.

« On peut comparer l’émergence de Garo au journal Hara-Kiri pour son côté bête et méchant mais aussi politique puisque la revue était proche des milieux de l’extrême gauche japonaise », explique Pakito Bolino.

Ainsi, dans cette exposition vous pourrez découvrir le style de l’incontournable King Terry Yumura mais aussi les déclinaisons inventives d’une vingtaine d’artistes comme Yoshikasu Ebisu (né en 1947) qui, traumatisé par la guerre, produit des œuvres violentes, antisociales, irrationnelles. A travers trois générations d’artistes japonais underground, ces œuvres nous apparaissent flirtant avec le manga, l’estampe, le graphisme, le comic book, l’art contemporain et la poésie et se nourrissent des totems de la culture japonaise, les digèrent, les détournent et les régurgitent souvent violemment. On y croise des poulpes géants, des monstres nucléaires, des geishas entravées, des catastrophes naturelles ou artificielles… Le tout éclaboussé de sexe, de déviance et d’humour noir.

Parallèlement, sont à découvrir ou redécouvrir les artistes du Dernier Cri : Pakito Bolino, Dunkel, Fredox, Céline Guichard, Sam Rictus…
Ainsi, les œuvres japonaises et européennes se succèdent avec subtilité.